Les atmosphères existent en dehors des mots et des choses, elles précèdent tout l’appareillage invoquant : émetteurs, récepteurs, canal, médium, code, message : « ... quelque chose plus vaste plus ancien, plus pénétrant que l’un et l’autre, les sciences objectives ont aussi peu voulu le percevoir que les théories du discours » (P. Sloterdjik).

Ecole Nationale d'Architecture et d'Urbanisme de Tunis

 

Ecole doctorale Science et ingénieries architecturales.

 

20 Rue El Quodes, Sidi Bou Said 2026

TUNISIE

 

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Tel : (+216) 71 729 197

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SITE OFFICIEL PROVISOIRE
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"L’accent mis sur le vécu sensible a nettement recentré la visée sur l’expérience du sujet ; ceci pour une part selon les voies du pragmatisme de J. Diley, mais plus encore sur celles de la phénoménologie. En la matière, aux figures tutélaires héroïques d’Husserl, d’Heidegger de Merleau-Ponty, il faut associer deux de leurs héritiers ayant abordés spécifiquement les questions de l’espace sensible et souligner notre dette vis-à-vis des travaux fondateurs d‘Erwin Strauss et de Ludwig Binswanger. L’un et l’autre ont inspiré la néo-phénoménologie contemporaine d’expression germanique et ont ouvert la voie aux contributions déterminantes d’Hermann Schmitz, de Gernot Boehme et de Peter Sloterdijk." Jean-Pierre Péneau

L'académie d'Architecture est une association qui compte une centaine de membres, intégrés par cooptation, "ayant acquis une expérience incontestée dans divers domaines de l'architecture et de l'urbanisme par des travaux de qualité".

Sa mission : "La promotion de la qualité de l'architecture et de l'aménagement de l'espace ; l'encouragement à leur enseignement"

"L'ambiance serait l’ensemble des je-ne-sais-quoi et des presque-rien qui font que les uns ou les autres vont associer à telle ou telle ville ou à un quartier, vécu à tel ou tel
moment du jour ou de l’année, des sensations de confo
rt,
d’agrément, de liberté, de jouissance, de mouvement, ou
de malaise, d’inconfort, d’insécurité, d’ennui…" (Olivier Chadoin, "La notion d'ambiance", Les annales de la recherche urbaine, p. 153-159)

Equipe de Recherche sur les Ambiances

Vous avez  dit  « ambiance » !

 

 

par Jean-Pierre PENEAU

Professeur Honoraire des Ecoles d'architecture

 

 

Qui pourrait sérieusement contester l‘affirmation qu’un sujet humain - quelque soit son âge,  son genre, son statut, son appartenance  sociale - établit un rapport  au monde  qui l‘entoure par l’intermédiaire de  son corps ? Ce corps, doté d’une aptitude à la mobilité et de  cinq sens, se déplace, s’isole, se regroupe avec  ceux de ses semblables, perçoit des  signaux, éprouve en conséquence des  sensations, ressent des  émotions. Cet ensemble  provient des différents  canaux  sensoriels et de leurs stimulations  conjointes ; on parle alors de  façon savante  de  « cénesthésie ».  

La sphère architecturale a une certaine  tendance  à se  forger  une version simplifiée de cette  réalité  complexe. Elle donne, de toute  évidence, le privilège à la seule dimension du « visible ». Cette hiérarchie est si fortement  intégrée dans la culture professionnelle, tellement intériorisée par  les architectes, qu’elle ne prête  guère  à réflexion, encore  moins à critique. S’il n’est pas  question de méconnaître ici le rôle tout à fait majeur du sens de  la vue, ni de sous-estimer l’importance des  qualités plastiques  d’un édifice - sources de plaisirs esthétiques et porteuses  de  significations - on est bien obligé  de  constater  que les  belles et prestigieuses réalisations ne sont pas, à tous coups, les mieux  à même de satisfaire  les attentes de  leurs occupants. Elles ne  leur apportent pas toujours les réponses bien ajustées à des exigences  thermiques, lumineuses, acoustiques : celles  qui, précisément, vont garantir confort et bien être et solliciter, ce  faisant, tous  les  registres du sensible.

 

En regard de cet élargissement de la visée, les ambiances  architecturales et urbaines vont  se définir   à la croisée :

  • de la réalité  physique  des phénomènes  qui sollicitent l’appareil sensoriel ;
  • de l’interprétation et  du vécu sensible par  le sujet des signaux correspondants ;
  • de la dimension esthétique, propre à toute activité  créative  spatialisée.

Un secteur de  la recherche architecturale s’est attaché  à la question dans les  années  80 et s’est très vite inscrit  dans  les approches interdisciplinaires. C’est, en effet, la rencontre et le travail collectif des  spécialistes de la psychosociologie, de la socio-anthropologie, de  la physique des phénomènes environnementaux, de  l’architecture qui a permis de  dégager  cette  catégorie de l’ambiance et  d’en faire  un nouvel objet  d’étude  scientifique. Le Centre National de  la Recherche Scientifique français  a  soutenu cette initiative, en créant  en 1992 une Unité  Mixte de Recherche  multi-sites  sur  cette thématique. L’Université a, dans  le même temps, relayé cette innovation en habilitant une filière doctorale  spécialisée. Au-delà de l’hexagone, une  communauté  scientifique internationale s’est progressivement  constituée et organisée. Elle s’est donné pour  objectif de  garantir la circulation des  informations et  des résultats et  le cumul des  expériences et des  savoirs.

Actuellement, ce sont 15  équipes du vaste  monde qui se  sont  fédérées  en un réseau spécialisé (le réseau dispose d’un site à l’adresse : www. ambiances.net).  Il faut  souligner le fait  que parmi celles-ci figure une équipe tunisienne : l’Equipe de  Recherche  sur  les  Ambiances  (E. R. A.) : une des composantes de la jeune filière  doctorale de l’E. N. A. U. Elle s’est fixé pour tâche de participer à l’effort de  recherche international sur cette  thématique, mais également d’explorer les particularités  spécifiquement  tunisiennes  de la question.

"Architecture is not about form, it is about many other things. The light and the use, and the structure, and the shadow, the smell and so on. I think form is the easiest to control, it can be done at the end." Peter Zumthor

« D'une manière générale nous pouvons définir le son comme un coup donné par l'air à travers les oreilles au cerveau et au sang et arrivant jusqu'à l'âme. Le mouvement qui s'ensuit, lequel commence à la tête et se termine dans la région du foie, est l'ouïe. Ce mouvement est-il rapide, le son est aigu; s'il est plus lent, le son est plus grave»
.Platon_ Le Timée (Les représentations de la propagation du son, d’Aristote à l’Encyclopédie. https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00423362/document)

Exposition « Trésors de l’Académie d’Architecture » autour du grand plan de la région parisienne d’Henri Prost

Avec la participation de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine.


Jeudi 15 octobre 2015 : Archives des acteurs.

Paul Quintrand, Jean-Pierre Péneau : Ouverture et programme des journées.


Vendredi 16 octobre : Institutions, enseignement, prospective.

Olfa Meziou : Archives de l’Académie d’Architecture. Quel horizon génétique ?